Conception & Contenu © Marie-Aude Saint Michel, 2019

    heroisme

    martyr

    Hommage

    au Colonel Beltrame

    Il faut lire ce tableau en ayant à l’esprit les mots de son épouse, Marielle, qu’il devait épouser religieusement le 9 Juin, et avec qui il s’était uni en 2016 civilement :

    « Il se sentait intrinsèquement gendarme. Pour lui, être gendarme, ça veut dire protéger. Mais on ne peut comprendre son sacrifice si on le sépare de sa foi personnelle. C'est le geste d'un gendarme et le geste d'un chrétien. »

    Ce tableau n'est pas "beau". Ce n'est pas sa vocation. Il est humble expression d'un vide sidéral laissé par un héros monumental. Il est pauvreté du monde et affres de nos temps.

    Le visible :

    Au sommet, le cœur évoque l’image connue des chrétiens comme étant celle du cœur de Jésus, brûlant d’amour. Ce cœur-là est aussi celui du Colonel qui est venu se fondre dans celui de Celui en Qui il voyait son créateur.

     

    Au centre, le portrait du Colonel, en plein salut. Il reste un aperçu de la silhouette de cet homme extra-ordinaire qui a ému toute une nation en offrant sa vie pendant la prise d’otage de Trèbes, le 23 Mars 2018, période dite des Rameaux pour les chrétiens du monde entier (catholiques, gréco-catholiques, orthodoxes, melkites, maronites, etc), c’est-à-dire celle de l’arrivée du Sauveur. Son portrait disparaît sous l’or, pour signifier son entrée dans l’éternité, lui qui fait partie désormais de ceux que j’aime appeler « les immortels ».

     

    Les fins morceaux de feuille d’or qui glissent le long de son portrait partent de ses yeux : ce sont les larmes d’un soldat, d’un cœur, d’une vie, qui s’en va… qui entre dans l’au-delà, dans l’éternité, de la Vie, de nos mémoires.

     

    Le morceau de bois flotté vient de l’île de Lérins, en baie de Cannes. Cette île, qui accueille depuis le IVe siècle toute personne souhaitant y trouver une halte loin du monde, symbolise pour moi l’accueil, la fraternité, la spiritualité (elle appartient à une communauté de moines cisterciens), un petit bout de ciel sur terre, mais aussi la vigilance, car dans l’ancien temps les moines prévenaient les côtes des assaillants qui arrivaient.

     

    Le bois flotté évoquant la résilience, il vient symboliser la vaillance d’un soldat aux états de service irréprochables.

     

    A son centre, un trou, qui symbolise les balles reçues par le Colonel lors de l’attaque.

    L'invisible suggéré :

     

    On peut apercevoir dans le trou quelques percées, évoquant les coups de couteau qu’il a reçus…

     

    Le morceau de bois tient uniquement par ce fil transparent, évoquant la fragilité de la vie, qui tient à un fil, elle aussi.

    Une vie mystérieuse et en laquelle il ne faut cesser de croire et défendre jusqu'au bout ...

    Comme le dit la tradition soufie: "À la fin du monde plante un arbre".

     

    Les messages & symboles codés :

    Gravé sur le bois, la devise bien connue des révolutionnaires, des résistants, devenue devise du New Hampshire aux USA : « vivre libre ou mourir ».

     

    La lettre « o » qui est un cercle, une rondeur infinie, une unité parfaite, est recouverte d’une médaille miraculeuse, vénérée souvent par les soldats et légionnaires, croyants pratiquants ou non. La médaille dont le culte vient de Paris, représente la Vierge Marie Qui diffuse ses grâces. Ici, quelques lambeaux de feuille d’or viennent évoquer ses pleurs, unis à ceux du Colonel Beltrame, de sa famille, de toute la France pour son héros.

    50 x 100 cm

    Mixed media

    2018